« L’essence des Arts Martiaux ne repose ni dans la force, ni dans la technique, mais gît au plus profond de chaque être humain, aussi dépourvu de capacités soit-il … »

ITO TENZEN TADANARI



vendredi 18 mai 2012

La légende des 47 samouraïs


La légende des 47 samouraïs

Le shôgun Tokugawa Tsunayoshi, installé à Edo, décide d’engager Asano Naganori du fief d’Akô, afin qu’il assure de manière digne l’accueil des messagers impériaux.
Afin de se former à l’étiquette de la cour shôgunale, et sur les conseils de Tokugawa, Asano se présenta à Kira Yoshinaka, expert en cérémonies officielles. Insatisfait par les présents d’Asano, Kira, un homme grincheux et notoirement corrompu, refusa abruptement de lui dispenser son enseignement. Asano insista, bien qu’il réprouvait en privé la moralité douteuse de Kira, mais ce dernier persista dans son refus, prenant plaisir à humilier Asano en public à chacune de ses nouvelles requêtes.
Un jour, agacé de se voir éconduit, Asano perdit son sang froid et blessa très légèrement Kira au front et à l’épaule d’un coup de sabre.
Le shôgun Tokugawa fut mis au courant de l’incident. En colère, il ordonna qu’Asano soit puni pour avoir agressé un officiel dans l’enceinte de son château d’Edo, ce qui constituait alors un manquement grave à l’étiquette. Asano se suicida alors de manière rituelle, c’est-à-dire par seppuku. Son fief d’Akô fut confisqué par le shôgun et les quelques 300 samouraïs au service d’Asano devinrent des ronins.
La plupart se dispersèrent mais l’un d’entre eux (car fort heureusement, il y en a quelquefois un), Kuranosuke Yoshio ne put se résoudre à accepter l’injustice subie par son maître. En secret, il réunit 46 autres samouraïs pour venger Asano. Ensuite, ces 47 compagnons se séparèrent afin de ne pas susciter des interrogations de la part du shôgun et de Kira.
Ils firent mine de vouloir mener leur vie chacun de leur côté. Quelques uns devinrent charpentiers, poissonniers ou marchands ambulants, d’autres bonzes. Quant à Kuranosuke, il quitta sa famille et commença à fréquenter des tavernes louches.
Quelques semaines plus tard, un homme de Satsuma le reconnut alors qu’il s’était endormi dans la rue. Cet homme le traita de lâche pour ne pas avoir vengé son maître et lui cracha au visage, dégouté de voir un homme aussi indigne du titre de samouraï.
Cet incident fut rapporté à Kira par ses espions et celui-ci abandonna sa crainte de se voir attaqué par les serviteurs du défunt Asano.
Près de 2 ans plus tard, dans la nuit du 14 décembre 1702, les 47 samouraïs prirent d’assaut la maison de Kira. Celui-ci fut capturé et ses « ravisseurs » lui proposèrent de se suicider honorablement, c’est-à-dire par seppuku. Kira refusa, tremblant de peur, et Kuronosuke, avec l’accord de ses 46 autres compagnons, lui trancha la tête, comme un vulgaire criminel.
La tête de Kira fut placée sur le mausolée d’Asano dans le temple Sengaku. Ensuite, les 47 samouraïs se rendirent aux autorités shôgunales. Bien que cet acte de bravoure et de loyauté ait suscité l’admiration du peuple d’Edo, le shôgun Tokugawa les condamna au seppuku pour avoir violé la loi. Ils rejoignirent leur maître Asano dans la mort. Leurs corps furent ensevelis dans l’enceinte du temple de Sengaku, en face de la tombe d’Asano. Apprenant la nouvelle, l’homme de Satsuma qui, plusieurs années plus tôt, avait injurié publiquement Kuranosuke, se suicida. Touché par son geste, le prêtre le fit enterrer avec les 47 autres samouraïs.
Aujourd’hui, la mémoire des 47 samouraïs d’Akô est honorée chaque 14 décembre par de très nombreux japonais. Ils symbolisent en effet les trois vertus recherchées par la plupart des japonais et, de mon point de vue, recherché par tout « budoka » digne de ce nom :
l’honneur, le courage et la loyauté.

dimanche 13 mai 2012

jeudi 3 mai 2012


Il y a longtemps, vivait un expert dans l'art du katana nommé Shoken. Un rat énorme courait nuit et jour dans sa maison, sans qu'il parvienne à l'attraper. Il ferma toutes les portes pour permettre à son chat de lui casser les reins ; toutefois, lorsque celui-ci bondit sur le rat, il se fit griffer férocement le museau et s'enfuit en miaulant. Shoken, surpris, fit alors venir tous les matous du village, chasseurs de rats professionnels. Il les enferma dans la pièce où se trouvait le rat ; mais dès qu'un s'approchait un peu trop près, le rat bondissait, lui griffait le museau et le mettait en fuite. Etonné, Shoken dit à son domestique : " J'ai entendu parler d'un excellent chasseur de rats dans le voisinage ; va donc l'emprunter à ses propriétaires. "


On fit venir le vieux chat en question : l'air endormi et complètement ahuri, il ne semblait nullement en état de combattre l'énorme rat. On le mit dans la même pièce ; le rat, en le voyant, parut rassuré ; il n'y prit point garde ; et c'est ce qu'espérait notre matou ; subitement, il bondit sur le rat et d'un coup de dent, lui trancha la gorge.

C'est à ce moment que Shoken comprit que l'essence des Arts Martiaux en repose ni dans la force, ni dans la technique, mais gît au plus profond de chaque être humain, aussi dépourvu de capacités soit-il.

L'auteur de cette histoire est Ito Tenzen Tadanari


30 ans du Taï-Do - Démo n°4 - Le redoutable secret du petit bonze

mercredi 2 mai 2012

Citation

 
" Le combattant idéal doit éprouver tristesse et tendresse ; c'est là qu'il va puiser sa grande vaillance. Sans cette tristesse qui vient du font du coeur, la vaillance est aussi fragile qu'un tasse de porcelaine. " - Chögyan Trungpa