« L’essence des Arts Martiaux ne repose ni dans la force, ni dans la technique, mais gît au plus profond de chaque être humain, aussi dépourvu de capacités soit-il … »

ITO TENZEN TADANARI



jeudi 22 décembre 2011

Le ryu (école) du combat sans arme
Le célèbre Maître Tsukahara Bokuden traversait le lac Biwa sur un radeau avec d’autres voyageurs. Parmi eux, il y avait un samouraï extrêmement prétentieux qui n’arrêtait pas de vanter ses exploits et sa maîtrise au sabre. A l’écouter, il était le champion toutes catégorie de tout le Japon, ce que les voyageurs semblaient croire au vu de leurs regards goguenard où se mêlaient admiration et crainte. Le Maître ne s’en préoccupa donc pas, ce qui finit par vexé le samouraï qui voyait bien l’attention de Bokuden se concentrer ailleurs. Il lui dit :
« Toi, aussi tu portes une paire de sabre. Si tu es samouraï, pourquoi ne dis-tu pas un mot ? »
Bokuden répondit :
- « Je ne suis pas concerné par tes propos. Mon art est différent du tien. Il consiste, non pas à vaincre les autres, mais à ne pas être vaincu ».
Le samouraï se gratta le crâne de perplexité et demanda :
- « Mais alors quelle est ton école ? »
- « C’est l’école du combat sans arme. »
- « Mais dans ce cas, pourquoi portes-tu des armes. »
- « Cela me demande de rester Maître de moi pour ne pas répondre aux provocations. C’est un sacré défi ! »
Exaspéré, le samouraï demanda :
- « Et tu penses vraiment pouvoir combattre avec moi, sans sabre ? »
- « Pourquoi pas ? Il est même possible que je gagne ! »
Hors de lui, le samouraï cria au passeur de ramer vers le rivage le plus proche, mais Bokuden suggéra qu’il serait préférable d’aller sur une île, loin de toute habitation, pour ne pas provoquer d’attroupement et être plus tranquille. Le samouraï accepta. Quand le radeau atteignit une île inhabitée, le samouraï, impatient d’en découdre, sauta à terre, il dégainait déjà son sabre, prêt au combat. Bokuden enleva soigneusement ses deux sabres, les tendit au passeur et s’élança pour sauter à terre, quand soudain, il saisit la perche du batelier, puis dégagea rapidement le radeau de la berge pour le pousser dans le courant. Bokuden se retourna alors vers le samouraï qui gesticulait sur une île déserte et il lui cria :
- « Tu vois, c’est cela, vaincre sans arme ! »

Deux principes fondamentaux du Taï-Do : la zone verte et la zone rouge

La zone verte et la zone rouge sont un moyen de réfléchir permettant d’évaluer la situation ; cette réflexion doit générer une mise en action.

La Zone Verte

La zone verte est une distance suffisamment grande entre le ou les attaquant(s) et le défenseur. Cette espace libre laisse le temps au défenseur d’esquiver la ou les attaque (s) et permet de voir se développer la ou les attaque (s). On pratiquera alors la "technique du courant d’air" c’est-à-dire l’art de se transformer en courant d’air face à une attaque.


L'esquive



La Zone Rouge


La zone rouge est une faible distance entre l’attaquant et le défenseur. Cette distance réduite ne laisse pas le temps au défenseur d’esquiver.

La prise d’initiative est indispensable :
·  le coup de pied au genou
·  la patte du lion
·   le coup simulé (points vitaux et surfaces
   sensibles)

La zone rouge repose sur un état de vigilance permettant au taï-doka de réagir immédiatement lorsque le danger pénètre dans sa sphère intime.
la zone rouge : le coup de pied au genou, la patte du lion et le coup simulé


Le coup de pied au genou : le défenseur sort de l’axe de l’attaque tout en levant sa jambe de haut en bas, afin de frapper au niveau du genou avec le tranchant du pied ou le talon.





dimanche 18 décembre 2011

REFLEXION…


Info Taï-Do Octobre 2007



La pratique de l’art martial nous aide à nous découvrir au fur et à mesure des épreuves, et parfois, reconnaissons le, nous n’aimons pas voir certaines choses de nous.


Que pouvons nous observer sur nous mêmes durant notre pratique ?

Notre seuil de tolérance ou non lorsqu’il s’agit de travailler avec l’autre :

-        Notre détermination ou non à aller jusqu’au bout, surtout lorsque les difficultés apparaissent ;
-         Nos possibilités ou non à faire face à des situations inédites ;
-         Notre résistance ou non à la douleur ;
-         Notre capacité ou non à attendre et à prendre patience tout au long de ce chemin de l’apprentissage ;


Ces questionnements apparaissent au bout d’un certain temps de pratique du Taï-Do.
Mais j’observe qu’à partir de moment où ces interrogations surgissent, des prises de conscience se font et les réponses sont alors à portée de mains.

Ces déclics nous aident, me semble t-il, à nous débarrasser de ces chaînes qui nous emprisonnent.
Cette sorte « d’éveil » à ce que nous sommes nous amène à accéder peu à peu à notre vérité et donc à une certaine liberté…pour ceux et celles qui le souhaitent, bien sûr.


Sandrine GOFFINON, ceinture rouge et noire de Taï-Do et fille du fondateur.

Source : Info Taï-Do Octobre 2007
SUJETS DE MEDITATION


L'instructeur ne peut que t'indiquer le chemin.

N'aie pas peur d'avancer, crains seulement de t'arrêter.

Avant de parler de quelqu'un, marche 8 jours avec ses chaussures.

Le futur ne vient pas à notre rencontre, simplement il nous rattrape.

Si tu veux être intègre, sois humble.

Il est préférable de se salir en voulant sortir quelqu'un de la boue, que de rester propre par indifférence.

Le sage ne juge pas, il essaie de comprendre.

L'homme qui sait qu'il peut réussir, n'est pas à l'abri de l'échec pour autant. Cependant, tant qu'il ne sait pas qu'il peut réussir, il échouera.

Il n'y a rien là-bas que tu ne puisses pas avoir ici.

Insensé est celui qui tournant le dos à la lumière, discute de l'ombre qui s'étale devant lui.

Quelqu'un s'adressa au sage en ces termes : " Comment puis-je me libérer de la boue, de la naissance et de la mort ? ", et le sage répondit: " Qui donc vous y enchaîne ? "...

Deux hommes regardaient le fond d'un étang. L'un dit : " J'y vois beaucoup de boue, une chaussure et une boîte de conserve rouillée ". L'autre enchaîna : " Je vois aussi tout cela, mais de surcroît, j'admire le reflet merveilleux du ciel à sa surface ".

Epreuve libre du Tai-Do français self-defense

Tai-do - Mise en situation 2 contre 1

30 ans du Taï-Do - Démo n°3 - Self défense au bâton

mardi 13 décembre 2011

Kimono du Taï-Do, signification

Le Kimono du Taï-Do



Le kimono est composé d’un pantalon blanc, il habille la partie inférieure du corps du taï-doka, et d’une veste noire (yin) recouvrant la partie supérieure du corps. 
Les couleurs du kimono sont le noir et le blanc, elles symbolisent le principe binaire du yin et du yang. Ces couleurs parlent d’elles-mêmes, elles prouvent que l’art martial, le Taï-Do n’est pas qu’une simple méthode de défense mais qu’il véhicule aussi une pensée « philosophique ».
 Source : Livre, l'ABC du Taï-do.

Article de presse


Article de presse


LES ORIGINES DU TAÏ-DO
par Robert Cassol, Fondateur du Taï-Do

À propos du cheminement qui l'a conduit à la création du Taï-Do, voici ce qu'écrit le Fondateur en 1988, dans un document de travail à l'usage des enseignants :

1945 : J'avais dix ans lorsque la Seconde Guerre Mondiale se terminait en 1945. C'est un âge où l'enfant rêve encore et vit avec des images " idéales ". À l'époque, dans le petite commune de Laumes, en Côte d'Or, la seule distraction était le cinéma, le dimanche après-midi. Les films de Tarzan étaient souvent à l'affiche, et les jeunes de ma génération assistaient régulièrement aux séances et s'identifiaient à ce " superman " juste, droit, honnête, bravant les " méchants ". Je reste persuadé d'avoir été marqué par ce personnage.
1946 : Dans la commune, un club d'athlétisme est créé. Je m'y inscris et je pratique, de 1946 à 1951, toutes les activités de cette association.
1951 : Pour des raisons professionnelles, mes parents arrivèrent à Saint-Quentin. Bien entendu, voulant continuer le sport, je pratique de 1951 à 1953, la boxe anglaise, et de 1953 à 1955, l'aviron et le cyclisme sur route. J'ai gardé de très bons souvenirs de ces trois sports.
1955 : C'est par hasard que j'entends parler de Judo à Saint-Quentin. Le mystère qui entourait ce sport à l'époque m'intriguait. Avec mon copain, nous décidons d'aller " voir ". C'est ainsi que, la tête remplie d'images de Tarzan, je poussai la porte du Dojo de Judo. J'avais vingt ans ! La légende qui entourait le Judo fit place à la réalité. À mon grand étonnement, je vis deux adultes, vêtus de blanc, agrippés au revers, se déplaçant avec précautions, et essayant de se faire tomber mutuellement. Ce fut une déception, somme toute logique. En effet, je m'attendais à revoir un film de Tarzan, c'est à dire des personnes frappant avec les poings et les pieds, et un défenseur, qui aurait, par un geste magique, éliminé ses adversaires. Je me suis inscrit quand même, et l'aventure commençait.
Il y avait, à l'époque, peu de clubs dans l'Aisne et peu de compétitions. Les premiers championnats de l'Aisne eurent lieu en 1959 à Fère-en-Tardenois. Je devins champion de l'Aisne et fut 2ème aux championnats de Champagne. C'était l'époque où il n'y avait ni catégories de poids, ni catégories d'âge. En 1961, nous fûmes champions de Champagne et arrivâmes en quart de finale des championnats de France. Le côté art martial de défense et éducatif m'attirait davantage. Je décidai de devenir professeur de Judo, à titre d'occupation principale. Après avoir décroché ma ceinture noire 2ème Dan, j'ouvre, entre 1962 et 1972, une multitude de clubs (Saint-Quentin, Guise, Vervins, Le Nouvion-en-Thiérache, Marle, Boué, Jussy, Laon, Croix, Fonsommes, Harly, etc…).
Entre-temps, voulant découvrir d'autres arts martiaux, je décidai de prendre, à Paris, auprès de maîtres japonais, des cours d'Aïkido et de Karate. Pendant trois ans, je fis le déplacement deux fois par semaine. Cette période me permettait de travailler très fort. Je participai, avec succès, au premier examen d'Etat en vue de l'obtention du diplôme de professeur de Judo-Jiu-Jitsu et méthodes de combat assimilées. Vinrent ensuite les brevets d'Etat de professeur d'Aïkido et de Karate.
1974 : Ce fut l'année du bilan. J'étais titulaire des trois diplômes d'Etat français. Le Judo avait pris, sur l'initiative de la fédération, la voie de la compétition. Le Karate prenait le même chemin. Cette orientation ne concernait plus ma raison d'être ; bref, je n'avais pas la vocation d'un entraîneur. Par ailleurs, mes élèves souhaitaient davantage de techniques défensives que sportives.
1974 – 1976 : Pendant deux ans, et pour répondre aux souhaits de mes élèves, j'enseignais le Judo-Aïkido-Karate ; des techniques de self-défense, sur des bases que je définissais petit à petit.
1975 – 1976 : Tous mes élèves me demandaient uniquement des cours de défense. Leur enthousiasme fit le reste. Je décidais d'appeler ma méthode le Taï-Do. L'art martial de défense prenait racine. Le Taï-Do, méthode d'éducation physique et morale, venait de naître. Dans un championnat, il y a un champion. Au sein du Taï-Do, ils sont tous des champions. Chaque être a en lui toutes les qualités pour réussir. Toutefois, elles ne pourront se développer que si l'environnement est favorable. C'est le sens de la démarche du Taï-Do et de mes éducateurs. Il me restait à structurer ce travail sur 3 plans : administratif, technique et pédagogique.
1976 : Administratif : Création de la fédération française de Taï-Do avec mes premiers élèves (Sandrine Cassol, Serge Routier, Alain Jamesse, Jean-Paul Solem, Frédéric Lécuyer).
Mon expérience en qualité de
·          membre du Comité Consultatif National de Judo
·          membre de la Commission Académique d'Amiens
·          membre du Jury National (Professorat)
·          secrétaire général d'une organisation de professeurs
me fut très utile.
1977 : Technique : C'est l'année où j'ai compris qu'il fallait un filtre dans ma méthode, pour éviter une " déviation négative ", notamment sur le plan mental. Ce fut l'année extraordinaire de l'inspiration, un état difficile à expliquer ; la création des exercices pré-arrangés, venus rapidement à l'état brut. Je mis ensuite neuf ans pour les affirmer définitivement.
1987 : Pédagogie : Cette année permit à tous mes enseignants de découvrir une nouvelle pédagogie, résultat de mes recherches, dont les élèves sont les bénéficiaires. La mise en place d'une structure pédagogique pour les jeunes (plan à long terme avec les écoles des cadres), porte déjà ses fruits. Le Taï-Do s'est enraciné définitivement. Pour que son développement soit harmonieux et solide, il faut que les futurs enseignants passent par le travail intensif, c'est-à-dire la " souffrance ". L'enseignant formé à cette école est " condamné " à réussir dans sa mission. Il sera en mesure de transmettre son savoir et d'aider ses élèves à aller vers l'idéal. Voici, à mon avis, les trois étapes qui conduisent vers cet idéal (la sérénité) :
·          le Taï-Do externe (désir de paraître - ce que l'on voit - travailler pour montrer ce que je sais faire)
·          le Taï-Do interne (je travaille pour moi)
·          le Taï-Do supérieur (être ce que l'on est - l'Unité)
Taï-Do externe : Parler avec son corps (" Regardez ce que je sais faire ! "). C'est une première étape importante et indispensable. L'élève travaille sans cesse pour se perfectionner, afin de montrer aux autres (les copains, la famille) qu'il est " quelqu'un ". Il est à la recherche des compliments. Le désir de paraître le plus beau et le plus fort sommeille en nous.
Taï-Do interne : L'élève prend réellement connaissance de l'efficacité du Taï-Do. Il comprend que le Taï-Do est une arme redoutable. Petit à petit, il va découvrir que cette efficacité ne peut être absolue que s'il reste en règle avec les lois naturelles (respect des règles de la vie, honnêteté, moralité, sincérité, etc…). Il va améliorer son travail, mais d'une façon plus " fine ", plus " juste ", sans s'occuper des " on dit ". La force qu'il ressent l'interpelle. Il n'a plus besoin de monter ce qu'il est, puisqu'il est. En définitive, le Taï-Do interne, c'est la recherche permanente de ses faiblesses. Connaître ses points faibles, c'est être fort.
Taï-Do supérieur : Tout comprendre, ce serait … tout savoir ! Voilà peut-être un chemin à explorer. Le Taï-Do, c'est admettre et accepter que chacun d'entre nous détient sa vérité, mais que celle-ci s'échappe rapidement pour réapparaître sous une autre forme. Le oui et le non n'existent plus ; ils ne font qu'un !



TAÏ-DO – La Voie du Corps
Déplacement, esquive, bien-être. Une philosophie ouverte à tous qui dépasse le simple cadre du tatami. Le taï-do retourne aux origines des arts martiaux.
La vie est un combat. Et c’est pour ce combat-là que le taï-do vous arme. Déçu par le tournant « compétition » pris par les arts martiaux, le professeur Robert Cassol a souhaité revenir aux fondamentaux. Pour rechercher non les trophées et les médailles mais l’équilibre. C’est en 1976 que ce Saint-Quentinois diplômé de judo, d’aïkido, de karaté et de jujitsu replonge l’art martial dans ses origines : sans vainqueur, sans perdant, sans catégories de poids… « Les gens travaillent pour eux-mêmes. Le taï-do (taï : corps et do : voie) est un peu comme une gamme d’outils qui servent à mieux appréhender des situations de conflits et à gagner en assurance. » Alors on y vient tel qu’on est : petit, gros, grand… Le fondateur compare le taï-do à l’écriture : « L’alphabet est le même pour tous, mais l’écriture de chacun est différente. » On l’écrit alors selon sa personnalité, sa morphologie. «  Les arts martiaux sont très codifiés. Or dans le taï-do, il y a une part de nous » par exemple « des femmes de 40-45 ans qui n’ont jamais fait de sport. Elles retrouvent la respiration, se lâchent… Ce qui importe, c’est qu’elles se sentent bien. »
Source : JDA Métropole. n°599 – 4 mai 2011