« L’essence des Arts Martiaux ne repose ni dans la force, ni dans la technique, mais gît au plus profond de chaque être humain, aussi dépourvu de capacités soit-il … »

ITO TENZEN TADANARI



mardi 13 décembre 2011

LES ORIGINES DU TAÏ-DO
par Robert Cassol, Fondateur du Taï-Do

À propos du cheminement qui l'a conduit à la création du Taï-Do, voici ce qu'écrit le Fondateur en 1988, dans un document de travail à l'usage des enseignants :

1945 : J'avais dix ans lorsque la Seconde Guerre Mondiale se terminait en 1945. C'est un âge où l'enfant rêve encore et vit avec des images " idéales ". À l'époque, dans le petite commune de Laumes, en Côte d'Or, la seule distraction était le cinéma, le dimanche après-midi. Les films de Tarzan étaient souvent à l'affiche, et les jeunes de ma génération assistaient régulièrement aux séances et s'identifiaient à ce " superman " juste, droit, honnête, bravant les " méchants ". Je reste persuadé d'avoir été marqué par ce personnage.
1946 : Dans la commune, un club d'athlétisme est créé. Je m'y inscris et je pratique, de 1946 à 1951, toutes les activités de cette association.
1951 : Pour des raisons professionnelles, mes parents arrivèrent à Saint-Quentin. Bien entendu, voulant continuer le sport, je pratique de 1951 à 1953, la boxe anglaise, et de 1953 à 1955, l'aviron et le cyclisme sur route. J'ai gardé de très bons souvenirs de ces trois sports.
1955 : C'est par hasard que j'entends parler de Judo à Saint-Quentin. Le mystère qui entourait ce sport à l'époque m'intriguait. Avec mon copain, nous décidons d'aller " voir ". C'est ainsi que, la tête remplie d'images de Tarzan, je poussai la porte du Dojo de Judo. J'avais vingt ans ! La légende qui entourait le Judo fit place à la réalité. À mon grand étonnement, je vis deux adultes, vêtus de blanc, agrippés au revers, se déplaçant avec précautions, et essayant de se faire tomber mutuellement. Ce fut une déception, somme toute logique. En effet, je m'attendais à revoir un film de Tarzan, c'est à dire des personnes frappant avec les poings et les pieds, et un défenseur, qui aurait, par un geste magique, éliminé ses adversaires. Je me suis inscrit quand même, et l'aventure commençait.
Il y avait, à l'époque, peu de clubs dans l'Aisne et peu de compétitions. Les premiers championnats de l'Aisne eurent lieu en 1959 à Fère-en-Tardenois. Je devins champion de l'Aisne et fut 2ème aux championnats de Champagne. C'était l'époque où il n'y avait ni catégories de poids, ni catégories d'âge. En 1961, nous fûmes champions de Champagne et arrivâmes en quart de finale des championnats de France. Le côté art martial de défense et éducatif m'attirait davantage. Je décidai de devenir professeur de Judo, à titre d'occupation principale. Après avoir décroché ma ceinture noire 2ème Dan, j'ouvre, entre 1962 et 1972, une multitude de clubs (Saint-Quentin, Guise, Vervins, Le Nouvion-en-Thiérache, Marle, Boué, Jussy, Laon, Croix, Fonsommes, Harly, etc…).
Entre-temps, voulant découvrir d'autres arts martiaux, je décidai de prendre, à Paris, auprès de maîtres japonais, des cours d'Aïkido et de Karate. Pendant trois ans, je fis le déplacement deux fois par semaine. Cette période me permettait de travailler très fort. Je participai, avec succès, au premier examen d'Etat en vue de l'obtention du diplôme de professeur de Judo-Jiu-Jitsu et méthodes de combat assimilées. Vinrent ensuite les brevets d'Etat de professeur d'Aïkido et de Karate.
1974 : Ce fut l'année du bilan. J'étais titulaire des trois diplômes d'Etat français. Le Judo avait pris, sur l'initiative de la fédération, la voie de la compétition. Le Karate prenait le même chemin. Cette orientation ne concernait plus ma raison d'être ; bref, je n'avais pas la vocation d'un entraîneur. Par ailleurs, mes élèves souhaitaient davantage de techniques défensives que sportives.
1974 – 1976 : Pendant deux ans, et pour répondre aux souhaits de mes élèves, j'enseignais le Judo-Aïkido-Karate ; des techniques de self-défense, sur des bases que je définissais petit à petit.
1975 – 1976 : Tous mes élèves me demandaient uniquement des cours de défense. Leur enthousiasme fit le reste. Je décidais d'appeler ma méthode le Taï-Do. L'art martial de défense prenait racine. Le Taï-Do, méthode d'éducation physique et morale, venait de naître. Dans un championnat, il y a un champion. Au sein du Taï-Do, ils sont tous des champions. Chaque être a en lui toutes les qualités pour réussir. Toutefois, elles ne pourront se développer que si l'environnement est favorable. C'est le sens de la démarche du Taï-Do et de mes éducateurs. Il me restait à structurer ce travail sur 3 plans : administratif, technique et pédagogique.
1976 : Administratif : Création de la fédération française de Taï-Do avec mes premiers élèves (Sandrine Cassol, Serge Routier, Alain Jamesse, Jean-Paul Solem, Frédéric Lécuyer).
Mon expérience en qualité de
·          membre du Comité Consultatif National de Judo
·          membre de la Commission Académique d'Amiens
·          membre du Jury National (Professorat)
·          secrétaire général d'une organisation de professeurs
me fut très utile.
1977 : Technique : C'est l'année où j'ai compris qu'il fallait un filtre dans ma méthode, pour éviter une " déviation négative ", notamment sur le plan mental. Ce fut l'année extraordinaire de l'inspiration, un état difficile à expliquer ; la création des exercices pré-arrangés, venus rapidement à l'état brut. Je mis ensuite neuf ans pour les affirmer définitivement.
1987 : Pédagogie : Cette année permit à tous mes enseignants de découvrir une nouvelle pédagogie, résultat de mes recherches, dont les élèves sont les bénéficiaires. La mise en place d'une structure pédagogique pour les jeunes (plan à long terme avec les écoles des cadres), porte déjà ses fruits. Le Taï-Do s'est enraciné définitivement. Pour que son développement soit harmonieux et solide, il faut que les futurs enseignants passent par le travail intensif, c'est-à-dire la " souffrance ". L'enseignant formé à cette école est " condamné " à réussir dans sa mission. Il sera en mesure de transmettre son savoir et d'aider ses élèves à aller vers l'idéal. Voici, à mon avis, les trois étapes qui conduisent vers cet idéal (la sérénité) :
·          le Taï-Do externe (désir de paraître - ce que l'on voit - travailler pour montrer ce que je sais faire)
·          le Taï-Do interne (je travaille pour moi)
·          le Taï-Do supérieur (être ce que l'on est - l'Unité)
Taï-Do externe : Parler avec son corps (" Regardez ce que je sais faire ! "). C'est une première étape importante et indispensable. L'élève travaille sans cesse pour se perfectionner, afin de montrer aux autres (les copains, la famille) qu'il est " quelqu'un ". Il est à la recherche des compliments. Le désir de paraître le plus beau et le plus fort sommeille en nous.
Taï-Do interne : L'élève prend réellement connaissance de l'efficacité du Taï-Do. Il comprend que le Taï-Do est une arme redoutable. Petit à petit, il va découvrir que cette efficacité ne peut être absolue que s'il reste en règle avec les lois naturelles (respect des règles de la vie, honnêteté, moralité, sincérité, etc…). Il va améliorer son travail, mais d'une façon plus " fine ", plus " juste ", sans s'occuper des " on dit ". La force qu'il ressent l'interpelle. Il n'a plus besoin de monter ce qu'il est, puisqu'il est. En définitive, le Taï-Do interne, c'est la recherche permanente de ses faiblesses. Connaître ses points faibles, c'est être fort.
Taï-Do supérieur : Tout comprendre, ce serait … tout savoir ! Voilà peut-être un chemin à explorer. Le Taï-Do, c'est admettre et accepter que chacun d'entre nous détient sa vérité, mais que celle-ci s'échappe rapidement pour réapparaître sous une autre forme. Le oui et le non n'existent plus ; ils ne font qu'un !



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire